Lettre à ma voisine

Vous êtes nouveaux dans le quartier. Une belle marmaille. J’ai comptée. Tu sembles en avoir 5 ou 6! Wow! Une belle grosse famille. J’aime ça!

On s’est croisé une fois alors que je revenais du parc avec croquette. Toi tu courais après ta cadette, qui semblait s’enfuir en rampant sur le trottoir avec un méga sourire aux lèvres.

On s’est échangé un p’tit eye rolling complice. Je comprenais bien ta frustration. Ah pas facile les enfants.

Quelques jours plus tard est apparu un de tes garçons, marchant sur la rue pieds et torse nu. Je n’ai pas trop compris et croquette non plus car il s’est exclamé «Maman y’a un enfant tout nu qui marche tout seul sur la rue». J’ai choisie de fermer les yeux parce qu’on était au mois d’août. Il faisait beau et chaud et tu ne devais pas être trop loin…

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Puis, les jours ont passé et croquette continuait de s’exclamer « Maman y’a un enfant qui marche tout seul sur la rue ». Au début, je tentais de le rassurer que sa maman (ou son papa) n’était pas bien loin. Mais à force de ne pas te voir, croquette et moi avons conclu qu’il marchait effectivement «seul sur la rue».

J’ai capotée un peu à l’intérieur de moi car vu son gabarit, il doit avoir entre 4 et 5 ans. C’est jeune un peu non? Notre rue est passante. Il y a une grosse artère principale à coté, pis ben….heu…on n’est pas à St-Clin-Clin-des-Meu-Meu où tout le monde se connaît. Et même là…

De fil en aiguille, croquette et ton garçon se sont mis à se faire de l’œil à force de se voir à travers la fenêtre.

Avant d’autoriser croquette à jouer avec ton garçon je lui ai fermement indiqué que:

1. NON, lui, il ne pouvait pas marcher seul sur la rue. Tsé, au cas où l’idée lui trotterait dans la tête.

2. Je ne te connaissais pas, donc aucune chance d’aller chez lui et vice versa.

3. C’était correct de jouer avec ton garçon à condition que je sois toujours présente. Croquette a juste 4 ans, c’est ben normal, non?

Cela étant dit et établi, nos garçons se sont mis à jouer ensemble joyeusement dans notre stationnement, lorsque le temps me le permettait.

Ton garçon lui semblait toujours disponible. Que ce soit à l’heure du souper, l’heure de la sieste, jour de fin de semaine et toutes soirées confondues.

Mais, je ne te voyais jamais…malgré que plus d’une heure pouvait passer et que les garçons jouaient ensemble.

Croquette m’a demandé maintes fois si son nouvel ami pouvait venir jouer avec lui dans la maison. Mais, j’ai toujours reviré sa demande en lui rappelant que je ne te connaissais pas.

Pis aussi, secrètement parce que l’envie de donner un bon bain à ton garçon aurait été plus forte que moi. Voisine, pourquoi ton garçon est-il toujours si sale? Je peux comprendre rendu à 6-7 heures après une belle journée à jouer dehors. Mais tout le temps? I can’t wrap my head around this… 

Anyhow c’pas grave? On a peut-être pas les mêmes standards d’hygiène corporelle. Hey…

Mais voisine, plus le temps avançait et plus je me suis mise à me poser des questions.

Parce que tu sais voisine, les enfants ça parlent.

Une fois, ton garçon, alors que je lui annonçais que croquette devait rentrer, car il se faisait tard, m’a demandé avec de grands yeux s’il pouvait venir dormir chez moi…

What?

Bof, je me suis calmée, ton coco voulait simplement m’exprimer qu’il aimait bien notre présence, right?

Snif.

Une autre fois, il m’a regardé tout triste alors que croquette déballait un slinky cheapette du Dollarama, en me disant «ma maman à moi elle m’en achète jamais».

Il voulait me dire quoi par là ton garçon? Je comprends qu’avoir une famille nombreuse implique de faire des sacrifices, mais pourquoi bavait-il devant un slinky, objet commun du magasin 1 dollar?

Snif + Snif.

Encore une autre fois, alors que croquette et moi quittions la maison pour nous rendre à la bibliothèque par un soir où il pleuvait à boire debout. Ton garçon, apparaissant soudainement, m’a annoncé qu’il embarquait avec nous.

Hein?

Lorsque je lui ai dit qu’il n’avait pas la permission de sa maman. Il m’a répondu « Ma mère ça y dérange pas ».

Triple snif voisine

La fois ultime qui a fait déborder la goutte du vase, voisine, c’est quand il m’a annoncé, out of nowhere j’aimerais préciser, « Moi mon papa a un tattoo sur le pénis». Heu…ok? TMI

Ce n’est pas le tattoo, son emplacement, ni le fait qu’il ait vu l’engin reproducteur de son papa qui me font le plus capoter.

C’est toute l’information que ton garçon m’offre gratuitement, sans que je le sollicite. C’est de l’abondance du coeur que la bouche parle.

Pourquoi cette déclaration est-elle sortie? Quelle est sa fonction?

Il semble y avoir des carences à différents niveaux là…

Ça s’additionne toutes ces observations et aveux.

Snif x Snif au carré.

J’aime pas ça voisine.

Une chance qu’il a commencé à faire froid et que ton garçon ne se promène plus seul sur la rue.

Je reste quand même avec un profond malaise.

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