La fausse couche…bien plus qu’une statistique

Un sujet bien triste, mais une réalité pour plusieurs…

Merci Anne-Laurie, notre blogueuse invitée, de partager ceci avec nous. #ÀCoeurOuvert.

tapetitesurvie-faussecouche-annelauriebeaubrun-pixabay

Une grossesse sur cinq se termine en fausse couche. Je connaissais très bien cette statistique lorsque je suis tombée enceinte pour la première fois. Cependant, je ne me sentais pas concernée. Ces chiffres porteurs d’une triste réalité étaient pour moi vide de sens. D’ailleurs, le malheur, c’était pour les autres. Pourtant, en décembre 2014, le malheur s’est abattu sur moi. Comme ça, sans raison.

Lorsque j’ai compris ce qui m’arrivait, je n’y croyais pas. Je ne pouvais pas perdre mon bébé. Cet enfant tant désiré, dont j’avais déjà imaginé le nom, les traits et la personnalité. Cet enfant qui venait avec tant de projets: activités, achats, décoration. Alors quand on m’a dit que tout était terminé, je ne venais pas simplement de perdre un embryon de 6 semaines. Je venais de perdre un bébé avec tous les rêves, l’amour et l’espoir qui l’accompagnaient. Je n’ai pas eu beaucoup de support de la part des membres du personnel de la santé. Ils ont cruellement manqué d’empathie. Je n’étais qu’une autre parmi tant d’autres.

Heureusement, mes proches étaient là pour moi. À commencer par mon conjoint. Il est certain qu’il avait de la peine car il venait lui aussi de perdre son bébé. Cependant, tout était moins concret, moins tangible pour lui. Il a quand même compris ma peine et m’a épaulé. Ma famille et mes amies ont pris le temps de venir me voir et de me serrer dans leurs bras. Peu de mots, mais beaucoup d’amour. J’ai même reçu un livre contenant des témoignages de femmes ayant vécu des fausses couches. À lire quand tu seras prête qu’on m’a dit. J’étais heureuse d’être aussi bien entourée et de ne pas me sentir jugée. Ma peine était respectée. Mais, je n’étais pas prête à lire ni à entendre les histoires des autres. Je devais vivre ma peine d’abord et avant tout.

Il est certain que ma famille et mes amies ont parfois dit des choses qu’il ne fallait pas. Des phrases que je n’avais pas envie d’entendre. Mais pouvais-je les blâmer ? C’est si dur de trouver les bons mots lorsqu’une personne est en deuil. D’autant plus qu’il est difficile de consoler quand l’être perdu n’était concret que pour la personne concernée. Donc malgré toutes ces personnes qui prenaient bien soin de moi, je ressentais un vide profond. J’avais besoin de plus pour pouvoir me reconstruire et aller de l’avant.

J’ai donc entamé la lecture du fameux livre. Ce fut libérateur. Ce livre s’intitule Fausse couche, Vrai deuil (Isabelle Clément, Manon Cyr). J’ai réalisé que la statistique, n’était pas juste un chiffre froid. Cette statistique porte des centaines et des centaines d’histoires de femmes de tous les âges et de tous les horizons. Elle porte leur peine ainsi que leur résilience et leur courage. Lorsque je me suis sentie assez à l’aise pour parler ouvertement de ma fausse couche, j’ai réalisé que plusieurs femmes que je connaissais étaient aussi passées par là. Des collègues de travail, des connaissances, etc. C’est ainsi que j’ai réussi à passer au travers de mon processus de deuil. Une étape à la fois, je suis tranquillement passée à autre chose, bien que mon bébé reste à jamais dans mon cœur.

Alors à toi chère maman (oui tu es une maman à partir du moment où ton test affiche le fameux symbole positif) qui a fait une fausse couche, sache que je comprends ta peine. Sache que tu as le droit d’avoir de la peine et d’être en colère. Ce n’est pas parce qu’il n’était pas dans tes bras, qu’il n’existait pas. Il était dans ton ventre, dans ton cœur et dans ta tête. Entoure toi de ta famille et de tes amies les plus proches. Ils ne sauront pas agir de la parfaite manière, mais ils ont beaucoup d’amour à te donner. Et en ce moment, de l’amour tu en as grandement besoin. Je t’en supplie ne reste pas seule. Ne garde pas cette peine que pour toi. Laisse-toi le temps de guérir. Et quand tu seras prête, j’ai un livre à te proposer…

Anne-Laurie Beaubrun ❤

anne-laurie

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s