Choisir le bilinguisme pour son enfant

L’anglais et le français se caressent dans ma tête comme deux cuisses dodues, avançant sous le soleil chaud de l’été, coincées sous une jupe. Y’a rien à faire ça se touche sans arrêt.

Dans ma tête, ça se passe en franglais.

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Élevée au Québec par des parents francophones d’origine Haïtienne, mon parcours linguistique est particulier; Plus jeune, mon frère et moi étions des fans finis d’émissions en anglais comme Family Matters et Fresh Prince of Belair. On carburait à ces émissions. Malgré la consommation abusive d’émissions en anglais et le fait que nous comprenions le contenu, parler anglais n’était pas encore une réalité. Et ceci, pas avant un séjour d’un mois chez de la famille habitant le New Jersey. Après ce séjour, j’étais bilingue! It was a done deal. La preuve que parler une langue nécessite un dialogue, un retour, un feedback de l’autre. Bref, ce que la télévision ne peut pas faire.

J’ai donc fait le choix de me pitcher dans l’univers anglophone au Cégep et à l’Université, histoire de garder mon anglais vivant et le maîtriser à l’écrit.

Ainsi, j’ai intégrée ces deux langues comme si elles n’en étaient qu’unes. Je pense, je respire, je blague, je prie, je pleure et je m’esclaffe dans ces 2 langues. Y’a rien à faire.

Alors, dites-vous bien que, lorsque mon utérus se préparait à l’expulsion de sa première œuvre d’art, j’ai tout de suite eu la réflexion : “Je vais lui parler anglais moi à cette petite merveille. Anyways, il ira à la garderie et à l’école francophone! Aucun risque qu’il ne parle pas français. Je pourrai lui transmettre ce bel héritage et du même coup il pourra bénéficier des bienfaits d’un cerveau bilingue. Papa bilingue lui aussi, mais moins porté à mélanger les 2 langues, sera le parent qui parle français”.

I had a plan!

Pis en plus, j’avais le O.K de la science.

Je m’explique:

Comme je baigne dans le milieu petite enfance, j’avais entendue et réentendue mes collègues orthophonistes dire et re-dire que le bilinguisme en bas âge c’était ben chill. Pas de risque de causer de retard de langage ou d’en aggraver un. Avec cette bénédiction, je me suis dit let’s go!

À ma grande surprise, après la dite expulsion, je n’ai pas été capable de m’exprimer en anglais à mon p’tit bébé loulou minuscule et vulnérable dans mes bras. Mon langage d’amour sortait en français. Quand j’essayais de lui parler anglais, it felt so fake. Alors pour ses 2 premières années de vie, je lui ai parlée exclusivement en français. J’étais un peu triste, mon rêve de transmettre l’anglais à mon fiston était comme enfoui.

On avait beau lui mettre des p’tites émissions en anglais, il était bien loin d’atteindre un niveau de conversation. Il ne faisait que répéter des mots anglais, dans le bon contexte certes, mais aucunement de façon à pouvoir entretenir une conversation. La preuve encore que l’exposition à une deuxième langue, par le biais seul de la télévision est insuffisante.

Mais guess what? Mon rêve de bilinguisme n’était pas pour autant perdu.

Un enfant à 2 ans (et souvent bien avant cela) commence à faire des p’tits mauvais coup par ci et par là. Du coup, m’exclamer « hey stop that! » était devenu facile à plugger et coulait de façon naturelle dans ma bouche. Voire que l’anglais est ma langue d’affirmation, on dirait. De fil en aiguille |lire ici, de mauvais coup en mauvais coup| j’ai trouvée une facilité à converser en anglais avec croquette. Pis lui aussi a pris goût. Tout cela s’est fait dans le quotidien, sans jamais faire de l’enseignement en tant que tel. Quand l’anglais venait, je le parlais, tout en traduisant pour m’assurer d’être comprise. Puis de fil en aiguille, je n’ai plus eu besoin de traduire à chaque fois. Fiston saisissait mes propos ou me répondait “what mom?” quand il avait besoin d’une traduction.

Encore grâce à mes amies orthophonistes, j’ai appris que faire du code-switching (mélanger les langues dans une même conversation) c’était ben correct aussi. Donc, avec en prime cette deuxième bénédiction, j’ai ré-affermi mon choix de bilinguisme pour mon enfant.

Nous parlons maintenant la langue qui nous tente, quand ça vient. Donc, je me surprends à utiliser des phrases comme « go put your pyjama, il est tard ». Croquette lui, a intégré rapidement des petites expressions anglaises à son vocabulaire et petit à petit s’est mis à formuler des phrases.

Maintenant du haut de son gros 4 ans, il me réveille à coup de « Mom, i’am finish my dodo, wake you up maman please ». Avec le temps, je remarque que sa façon de s’exprimer en anglais devient de plus en plus élaborée et structurée.

Alors allez-y, n’hésitez plus, parlez les langues qui vous sont chères avec vos enfants! Vous y prendrez goût et vos enfants vous surprendront.

Pour plus d’informations sur la réussite du bilinguisme durant la petite enfance, voir ici et ici.

Pssst je vais bientôt commencer le créole avec fiston 😉

 

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